Ciao Italia !

Ciao Italia !

Suite à la première journée de repos depuis le début de ce voyage, c’est l’heure de quitter Philippe et Clara qui nous ont accueillis pendant deux nuits à Antibes. Après quelques kilomètres, c’est aussi le moment de la séparation avec Alex qui aura passé plus d’une semaine à rouler avec moi. L’atmosphère est lourde au moment de se dire au revoir, nous avons partagé 9 jours magiques, et Alex projette déjà de revenir pédaler avant la fin de mon tour d’Europe.

Ciao mi amigo !

Je fais donc route en solitaire vers l’Italie, la frontière n’est plus qu’à une soixantaine de kilomètres. Après Nice, il y a trois corniches possibles pour longer la côte jusqu’à Monaco. Je choisis de passer par la plus haute pour m’offrir un meilleur point de vue. La montée est bien raide, mais j’ai l’impression d’avoir pris goût à l’effort en montagne que je redoutais avant de partir. Au sommet c’est époustouflant, avec d’un côté les sommets encore enneigés, et de l’autre l’eau turquoise de la mer Méditerranée.

Point de vue du haut de la grande corniche

En traversant Monaco, je suis amusé par le décalage entre l’atmosphère de la principauté et mon voyage. Je suis en cuissard cycliste là où les gens sont endimanchés, et je circule à vélo entre les voitures de luxe. Je déjeune sur la promenade le long de la mer, et je me fait interpeller par 3 policiers pour un contrôle d’identité. C’est la première fois de ma vie que ça m’arrive. Ils m’expliquent que c’est courant à Monaco, surtout qu’avec mon vélo chargé, je ne passe pas vraiment inaperçu. Ils sont intéressés par mon projet, me posent plein de questions, et notent “le défi à vélo” sur ma fiche de relevé d’identité, ils me serreront même la main en partant en me souhaitant bonne route. Moment plutôt insolite.

En vélo parmi les voitures de luxe

Peu après Monaco, me voilà à la frontière. Je suis fier et ému au moment de passer la douane avec mon vélo. Ce n’est qu’une étape, et je traverserai beaucoup d’autres frontières par la suite, mais le passage en Italie est vraiment symbolique pour moi. D’abord parce que c’est la première, et puis aussi parce je continue ma route avec la France dans le dos, que je ne reverrai que dans 5 mois.

Première frontière à vélo

Je ne continue que 7 km après la frontière avant de m’installer dans un camping. La côte est très touristique  et je ne vois pas où poser une tente à l’abri des regards. Pour la première fois, je réussis à faire une “grasse matinée” sous la tente, réveil 9h30 ! Je pars donc un peu plus tard que d’habitude. Longer la côte Italienne n’est pas super agréable, les routes sont souvent très fréquentée et les Italiens sont de vrais sauvages au volant… Je suis régulièrement frôlé par des voitures qui vont vite, pas très rassurant. Par contre c’est assez joli et valoné, je traverse de nombreux petits villages typiques, et vraiment mignons. J’essaie de prendre le temps d’apprécier ces villages et la dolce vita Italienne sous un beau ciel bleu.

Les nombreux villages colorés sur la côte

A nouveau je passe la nuit en camping à Finale Ligure. Un camping plutôt cool en pleine nature un peu perché dans les montagnes. Vers 23h, au moment de m’endormir je vois une torche pointer sur ma tente et des voix à l’extérieur que je ne reconnais pas. Je me dis que ce doit être des campeurs qui se sont trompé d’emplacement, j’ouvre donc ma tente un peu agacé d’être dérangé au lit. En ouvrant  surprise! Christophe et Astrid, de bons copains sont là. Je mets un moment à comprendre. Ils sont venus en van me suivre pendant 4 jours. Bizarrement je suis au début partagé entre le la joie de les voir, et le fait que mon quotidien solitaire que je viens de retrouver soit perturbé. Je reviens vite à la raison, et je suis ravi de pouvoir avoir de la compagnie pendant quelques jours, j’ai vraiment beaucoup de chance d’avoir des copains comme ça. 

La bonne surprise

Le lendemain je rejoins donc Chis et Astrid au van, et j’en profite pour me délester de mes sacoches. J’irai plus vite et nous aurons plus de temps pour profiter ensemble. L’objectif de la journée est d’atteindre Gènes dans l’après-midi. Rapidement je me rends compte de la facilité de rouler sans sacoches, je serai à Gènes pour déjeuner. Mais à 30 km de la destination finale, il se met à pleuvoir des cordes. Pile quand je n’ai pas mes sacoches avec mes vêtements imperméables sur moi, c’est pas de chance… Je suis trempé et frigorifié. A chaque kilomètre j’hésite entre attendre le van qui est quelques minutes derrières avec mes affaires, ou continuer de rouler pour me réchauffer avec l’effort. J’opte pour la deuxième option, je roule jusqu’à Gènes où mes amis me retrouvent.

A l’abri dans le van après la tempête

J’enfile des affaires sèches et mets le vélo dans le van pour pouvoir visiter la ville l’après -midi. Après une ballade, une pizza, et une glace, nous reprenons la route jusqu’à un spot repéré pour la nuit à moins de 10 km. Nous sommes sur la crête d’une montagne, c’est la tempête, il y a du vent, de la pluie, et du brouillard. Cela rend l’atmosphère vraiment hostile. Après une soirée au chaud dans le van, nous nous rendons compte que le vent souffle trop fort pour dormit sur le lit de toit. Nous dormirons donc à 3 dans le van, convivial ! 

Séchoir avec vue

Après la nuit, le calme est revenu, et il fait beau. Le panorama depuis notre couchage est époustouflant, des montagnes à perte de vue, et la mer en fond. Je reprends la route avec le van à mes trousses. Je suis plus rapide dans les descentes, mais bien plus lent dès que la route s’élève. Nous déjeunons en bord de route avant d’attaquer un col de 1000m. La montée est longue, je suis bien content de la faire sans mes sacoches. Au sommet, nous prenons une glace pour retrouver l’énergie nécessaire pour parcourir les 25 derniers kilomètres de la journée.

La voiture balais, le rêve du cycliste

Notre couchage du soir est près d’une rivière, c’est top. Malheureusement l’eau est trop froide pour essayer de s’y laver un peu. Nous prenons l’apéro les pieds dans l’eau avant de nous coucher. 

Apéro les pieds dans l’eau

Pour notre dernière journée tous les trois, nous visons la ville de Parma. C’est plat (même un peu descendant), je parcours donc les 85 km à plus de 30km/h de moyenne, une première. Nous arrivons vers 16h, nous visitons la ville rapidement (enfin plutôt les terrasses des bars), avant d’aller au street food festival pour la soirée. Nous pensions y goûter des spécialités locales, ce sera plutôt bières et  gin tonic dans une ambiance de festival. Une belle dernière soirée en compagnie de mes amis ! 

Les copains en festoche

Le samedi 11 mai au moment du déjeuner, il est temps de se séparer. Après un dernier déjeuner en bord de route, je remets mes sacoches sur ma monture et je reprends la route. Les au revoirs sont toujours difficiles et je n’ai pas grande motivation pour rouler. Je compte aller jusqu’à Mantoue à 60 km, mais un pont en travaux m’en rajoutera 20. Un orage éclate au moment où je cherche un endroit où poser ma tente, je choisis donc de passer la nuit dans une ferme. C’est confortable, j’ai une vraie chambre pour moi tout seul. Je peux en profiter pour me laver et faire une lessive après 6 jours sans, record battu.

Mantoue avant l’orage

Après cette semaine encore bien riche en rebondissements, je continue ma route vers Venise pour y rejoindre Alex dans une semaine, je passe finalement beaucoup moins de temps tout seul que prévu !

Pierre
pierre_boussion@hotmail.fr
2 Commentaires
  • Alexandre Gosset
    Posté à 00:39h, 05 juin Répondre

    Go Go Go !!! Mon moment préféré de ce récit: “une lessive après 6 jours sans, record battu” 🙂

  • Papa
    Posté à 06:35h, 05 juin Répondre

    Tu manges beaucoup de glaces !?
    Je t’embrasse mon champion.

Poster un commentaire