L’Italie sous la pluie

L’Italie sous la pluie

Après une première semaine en Italie pendant laquelle j’ai eu de la visite surprise, l’objectif de ces prochains jours est d’arriver à Venise à l’heure. En partant, le timing paraissait ambitieux, mais je me retrouve maintenant avec de l’avance. C’est un sentiment un peu particulier, car pour la première fois je me retrouve à devoir essayer de perdre du temps. Je cherche donc des détours et des régions à visiter qui n’étaient pas au programme initial.

Un parcours semé d’embuches

Après une bonne nuit réparatrice au chaud à Mantoue, je m’aperçois qu’il pleut toujours. Je me prépare à passer ma première journée complète sous la pluie (de nombreuses suivront). Il me reste 3 jours pour rejoindre Venise, et je suis à 120 km à vol d’oiseau. Je décide donc de prendre la direction du lac du lac de Garde. Je peux tester mon équipement sous pluie, le verdict est plutôt positif, ma veste est étanche longtemps, mes sur-chaussures aussi. Mais bon, après plusieurs heures sous une pluie battante je suis tout de même trempé, et mes chaussures inondées.

A vélo on s’abrite comme on peut

Je me fais une joie de retrouver mes habitudes en camping sauvage, mais la pluie et le froid auront raison de moi ,et je dormirai à nouveau dans une auberge. C’est dommage, les alentours du lac ont vraiment l’air propices au camping. 

Même sous une météo capricieuse, le lac de Garde vaut le détour

Au matin, il pleut toujours. Je me suis fait réveillé par mon colocataire qui est au téléphone depuis 7h du matin, j’ai vraiment hâte de retrouver la tranquillité de ma tente. Le réveil, la fatigue, et la météo capricieuse me cassent le moral. Cela fait quasiment un mois que je suis parti, et je pense que je rencontre une forme de lassitude. Les derniers jours ne m’ont pas offert de paysages magnifiques, et les conditions ont été rudes.

Un des nombreux villages au bord du lac

Mais pile pendant ce moment difficile, un message de Sophie m’informant que la barre des 7000 euros de dons a été dépassée me rebooste, et me redonne l’envie de continuer. Ces dons ne sont pas seulement un moyen de donner un sens à mon voyage, mais ils sont un réel moteur pour avancer. La sensation de ne pas être tout seul dans ce défi me donne du courage, et je pars longer le lac de Garde sous la pluie. C’est essentiellement de la piste cyclable, mais je me fais tout de même piéger à quelques reprises en m’engageant sur des chemins impraticables. Rien de grave je n’ai pas d’impératif de temps, ni même de direction pour ce soir.

Pas idéal pour pédaler…

Malgré le mauvais temps la région reste très jolie, le lac est entouré de montagnes, avec quelques sommets encore enneigés. Cette vision me donne envie de grimper un peu. Je m’éloigne donc du lac après déjeuner vers les montagnes. En plus d’offrir des points de vue superbes sur le lac, la montée a pour atout de me réchauffer sous le coup de l’effort. Je gravis plus de 1000m de dénivelé positif pour atteindre un un sanctuaire à flan de falaise.

Ca vaut souvent le coup de grimper !

Un paysage à la fois beau, mais aussi une ambiance un peu austère et presque glauque. Je ne m’attarde pas trop avant de redescendre. Je trouve un endroit pour ma tente en bord de piste cyclable, un peu à l’abri pour me protéger de l’orage. Je suis heureux de retrouver la liberté du camping sauvage, plus d’une semaine après le dernier. La nuit sera moins pire que prévue au niveau de la météo, mais je suis toujours saisi par le froid au réveil.

Camping sauvage sous une météo menaçante

L’itinéraire jusqu’à Vérone est de la piste cyclable, c’est plutôt agréable d’éviter la conduite agressive des italiens. Il est encore tôt quand j’arrive dans le centre, je me ballade rapidement mais les villes touristiques sont toujours plus compliquée à appréhender à vélo. Un passage rapide par la maison de Roméo et Juliette, puis un petit-déjeuner sur la place du marché avant de reprendre la route. Je suis un canal avec un vent fort de face pendant un moment, cela me rappelle quelques souvenirs du canal d’entre deux mers ! Pour camper je choisi une maison abandonnée afin de ne pas être dérangé par le vent comme j’ai pu le vivre précédemment. J’ai un peu peur d’être délogé, mais je tente quand même le coup.

Vérone, une ville romantique visitée en solo

Le réveil de ce mercredi 15 mai est particulièrement difficile. Il a plu toute la nuit, et le moral est dans les chaussettes. Je suis émotionnellement rattrapé par ce jour si particulier. Le premier anniversaire de maman où elle n’est plus là. Je parcours sous la pluie les 70 km me séparant de Venise très rapidement la tête dans le guidon. Le vélo est définitivement un bon moyen de se vider l’esprit.

Grosse route, et pluie : combo gagnant pour le vélo

J’arrive au camping en début d’après midi, j’ai encore 24h à attendre avant qu’Alex me rejoigne. Nous avons réservé un logement non loin de là ou je me trouve. J’ai seulement 5 km à parcourir le lendemain. Je me rends compte que j’ai crevé avant de partir, je tente de regonfler pour parcourir ces 5 km et m’occuper de ça plus au calme dans notre bungalow. Mauvaise idée. Mon pneu se dégonfle toutes les 3 minutes, et je suis sur des grosses routes, ce sont les pires kilomètres depuis le début, une heure de galère.

Première crevaison après 2000 km

Cette semaine n’aura pas été la plus agréable du voyage. Les 3 jours de pause à Venise avec Alex me feront le plus grand bien. C’est une ville magnifique, bien que très touristique. Nous visitons pendant deux jours entre les gouttes, en profitant des saveurs culinaires locales. Ce moment aura un goût de trop court, mais j’ai bien rechargé mes batteries, et je suis prêt à reprendre la route. Direction la Slovénie !

Quelques jours de repos bien mérités à Venise
Pierre
pierre_boussion@hotmail.fr
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